Un dirigeant d'EURL qui se verse 44 000 € de salaire et 30 000 € de dividendes paie, dans mon cas, environ 18 000 € de cotisations sur le salaire, 13 500 € de charges sur les dividendes et 6 900 € d'impôt sur le revenu.
Voici le détail de cette année, mes quatre erreurs de gestion et le système de poches qui m'évite toute mauvaise surprise.
Combien coûte un salaire de dirigeant d'EURL ?
Dans mon cas, une année où j'ai versé 44 000 € de salaire de gérance et 30 000 € de dividendes, soit 74 000 € de rémunération, j'ai payé environ 18 000 € de cotisations sur le salaire, environ 13 500 € de charges sur les dividendes et 6 900 € d'impôt sur le revenu.
Je ne suis pas expert-comptable et je n'ai pas relu toute ma liasse fiscale : ces montants sous-évaluent même la réalité, mais ils donnent un ordre de grandeur honnête.
Pourquoi j'ai été imposé à 6 900 € et non à 3 700 € ?
Mon avis d'imposition affichait 3 696 €, parce que j'avais un crédit d'impôt de 3 000 €. Sans ce crédit, l'impôt sur le revenu d'un salaire de 44 000 € s'élevait à 6 900 €. Lis donc toujours la ligne avant crédits.
Pourquoi m'être versé autant ? Pour vivre, parce que ma trésorerie le permettait, et surtout parce que nous voulions acheter de l'immobilier : une banque demande de bons salaires pour accorder un prêt. Avec le recul, la deuxième raison était mauvaise.
Mon train de vie est modeste : je n'ai pas besoin de plus de 6 000 € par mois, je n'ai ni voiture ni montre de luxe. Le salaire que je me suis versé dépassait donc largement ce que je dépense, ce qui en fait une démonstration involontaire : sortir de l'argent qu'on n'utilise pas coûte cher, en charges comme en impôt.
La lettre de Tony Neves
Une lettre pour devenir libre
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Quelles leçons fiscales en tirer ?
1. Se fixer un plafond de salaire. Je me limite désormais à 30 000 € par an hors dividendes, pour rester dans la tranche à 11 %. Le barème 2026 (revenus 2025) taxe à 0 % jusqu'à 11 600 € par part, à 11 % jusqu'à 29 579 €, puis à 30 % jusqu'à 84 577 €, 41 % jusqu'à 181 917 € et 45 % au-delà. Chaque euro au-dessus de la tranche à 11 % est donc taxé presque trois fois plus.
2. Choisir le bon statut. En EURL, tu es travailleur non salarié : environ 45 % de cotisations sociales sur le salaire versé. Sur 30 000 €, cela représente environ 13 000 € de charges et 1 900 € d'impôt payé de ma poche, et il me reste environ 27 000 €. En SASU, les dividendes sont taxés au prélèvement forfaitaire (12,8 % d'impôt plus les prélèvements sociaux), mais les salaires sont beaucoup plus chargés. Il n'y a pas de bon ou de mauvais statut : cela dépend de la façon dont tu préfères te rémunérer.
3. Envisager une holding. Une société d'exploitation en EURL pour vivre sur salaire, et une holding au-dessus d'un autre statut pour percevoir des dividendes : on cumule les avantages des deux. C'est un montage que je mets en place et que je détaillerai ailleurs. Il se prépare avec un expert-comptable.
4. Ne pas sortir d'argent sans projet. Ma plus grosse erreur : j'avais de la trésorerie dans la société, je l'ai transformée en salaire sans objectif précis. J'ai payé de l'impôt trop tôt, sur de l'argent que je n'utilisais pas. Laissé dans l'entreprise, il aurait pu être réinvesti et versé l'année suivante.
Comment éviter la surprise de l'impôt ?
Je crée des poches d'imposition automatiques. Sur mes comptes bancaires en ligne, une règle met de côté un pourcentage à chaque entrée d'argent.
- 10 % de chaque salaire reçu partent dans une enveloppe dédiée à l'impôt sur le revenu.
- 20 % de chaque encaissement client (virements Stripe, ventes) vont dans une poche TVA.
- 45 % de chaque virement de salaire alimentent une poche pour les cotisations URSSAF.
Le danger d'une absence d'anticipation est réel. Si tes cotisations reposent sur le revenu de l'an passé et que ton revenu double, une régularisation arrive ensuite. Certains entrepreneurs doivent alors se verser un salaire supplémentaire pour payer l'impôt, lui-même taxé : ils payent de l'impôt pour payer l'impôt.
La fiscalité change chaque année. Depuis 2026, le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes passe de 30 % à 31,4 % pour les distributions de 2026, après la hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine. Les seuils du barème de l'impôt ont aussi été relevés de 0,9 %. Mes chiffres décrivent une année passée et mon foyer fiscal : l'impôt réel dépend de ta situation familiale, de tes autres revenus et de ton statut. Fais valider tes choix par un expert-comptable avant d'agir.
Par où commencer ?
Commence par trois gestes : fixe un plafond de salaire annuel, ouvre les poches TVA, URSSAF et impôt, et décide à quoi servira chaque euro sorti de la société.
Pour structurer ton suivi, lis comment gérer les finances de son business avec Google Sheets et le bilan annuel d'un entrepreneur. Pour comprendre ce qu'un chiffre d'affaires représente vraiment, voici le parcours de 0 à 100 000 € par an, la préparation de la retraite d'un indépendant et la relation à l'argent d'un entrepreneur.
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