Juin 2024. Après des mois de préparation, des dizaines de milliers d'euros investis, des semaines de travaux, on lance enfin MyStudio : notre studio de podcast sur Montpellier.
Le concept ? Répondre à un vrai problème qu'on rencontrait nous-mêmes. À chaque fois que je voulais interviewer un entrepreneur dans le sud, je devais monter à Paris, pour plusieurs centaines d'euros par interview. L'idée était évidente : lancer le premier studio de podcast dans la région.
Et les débuts ont été incroyables. Dès le premier jour, 2 ou 3 réservations de plusieurs heures. Des milliers de vues générées en 24h. Des centaines de messages de personnes intéressées. On se disait : on a visé juste. Sauf que 3 mois plus tard, on décidait de tout vendre.
Pourquoi vendre une boîte rentable ?
Les premières semaines, tout allait bien. J'allais sur place pour l'opération technique, Jess s'occupait du marketing et du contenu, Teddy gérait la partie commerciale.
Le problème ? Plus on avait de volume, plus on se retrouvait à faire des tâches qui n'étaient pas notre zone de génie. Management technique, montage vidéo à la chaîne, sous-titrage, gestion des process. On était piégés entre deux niveaux : soit on continuait à tout faire nous-mêmes, rentable mais chronophage, soit on déléguait tout, moins de marge et plus de management. Dans les deux cas, on passait nos journées sur des tâches qu'on détestait.
La révélation ? On n'était pas les bonnes personnes pour faire tourner cette boîte. Bonne idée, bonne exécution, mauvais profil. Un soir au resto, je dis à Jess : je crois que j'ai envie d'arrêter. Sa réaction ? Un soulagement total. Elle ressentait exactement la même chose.
Pourquoi vendre plutôt qu'arrêter ? Parce qu'on voulait permettre à quelqu'un d'autre d'emmener cette boîte là où elle mérite d'être. On a réalisé le processus de vente sans rien dire à personne. Négociations, process légal interminable. Mais au final, mission accomplie. L'entreprise continue, les clients sont contents, nous aussi.
Les 4 leçons cruciales
Leçon 1 : on ne sait pas ce qu'on ne sait pas. Impossible d'anticiper tous les problèmes d'un nouveau projet. Les galères techniques, les process de délégation, la charge mentale. Arrête de t'en vouloir de ne pas avoir prévu l'imprévisible.
Leçon 2 : scalabilité contre croissance. Un business physique comme MyStudio, c'est de la croissance : plus de CA veut dire plus de ressources investies, une marge constante, un management d'équipe indispensable. Un business en ligne, c'est de la scalabilité : plus de CA ne veut pas dire plus de ressources, les marges explosent. Les deux peuvent marcher, tout dépend de tes appétences.
Leçon 3 : confirmer son futur. Ce projet nous a permis de confirmer ce qu'on ne voulait pas. Pendant des années, on se demandait si on devait lancer un business physique. Maintenant, on sait qu'on ne le fera plus. Ça nous a confirmé notre valeur fondamentale : la liberté.
Leçon 4 : l'introspection avant tout. Le truc qu'on aurait dû mieux faire ? Se poser la question du pourquoi fondamental. Pourquoi on le fait ? Pour l'argent ? Pour le kiff ? Pour le revendre ? Définir notre idéal quotidien et voir si tout match. Si on avait fait cette introspection 1 heure avant, on ne l'aurait pas lancé.
Et le plus ironique ? J'ai écrit une partie entière sur l'introspection dans mon livre. Et je n'ai même pas appliqué mes propres conseils. Rappel à moi-même : quand tu vends des chaussures, sois bien chaussé avant.