La plupart des listes te vendent les outils à adopter. Voici l'inverse : les outils à éviter dans son business en ligne, ceux que j'ai bannis parce qu'ils coûtaient trop cher, bloquaient ma croissance ou ne collaient pas à mon usage.
Pour chacun, la raison de l'arrêt et l'alternative que j'utilise aujourd'hui à la place.
ClickFunnels : trop de bugs, trop de friction
L'idée de départ était bonne : monter des tunnels de vente avec upsells, downsells et order bumps, ces produits additionnels qu'une personne achète plus facilement une fois qu'elle a déjà sorti sa carte. Objectif secondaire : récupérer plus de données de conversion que ma plateforme d'hébergement habituelle.
Au bout de trente jours, l'arrêt s'imposait. Des acheteurs bloqués par un message de validation à 0 euro qui fait fake et casse la vente, et un formulaire de commande en deux étapes qui créait de la friction. Sur 2000 vues de page, seules 200 personnes atteignaient le bon de commande.
L'alternative retenue est un bon de commande direct, type ThriveCart : toutes les données, les tunnels complets, et sans double étape inutile. Il se connecte à une plateforme d'hébergement via un outil d'automatisation comme Zapier, pour inscrire automatiquement l'acheteur à la formation. Moins de friction, plus de conversions.
La leçon vaut au-delà de cet outil précis. Un tunnel qui ajoute des upsells et des order bumps est puissant, mais il ne sert à rien s'il ajoute une friction qui divise par dix ton passage vers le bon de commande. Le meilleur tunnel du monde perd face à un simple bon de commande fluide.
Trello : trop limité dès qu'on structure
Longtemps utilisé pour bâtir un calendrier éditorial, une carte par semaine. Le mur arrive vite : impossible de gérer plusieurs plateformes et plusieurs catégories sur un même tableau sans que ça devienne illisible. Dès que tu veux un calendrier pour une autre plateforme, il faut créer un second tableau, puis un troisième.
C'est le défaut des outils simples : ils rendent service au début, puis te bloquent dès que ton organisation gagne en profondeur. Le signal pour changer, c'est le moment où tu passes plus de temps à contourner l'outil qu'à l'utiliser.
Le remplaçant, Notion, gère des sous-catégories par thématique et par plateforme : contenu SEO, vidéos éducatives, concepts, potentiellement viraux, storytelling. Trello reste bien pour démarrer, mais tu le quittes dès que ton organisation devient sérieuse. Choisis d'abord tes outils Instagram selon ton stade réel.
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Creator Studio : plus assez de plateformes
Gratuit, adossé à Facebook, donc sans souci d'API, pratique pour planifier Instagram et Facebook et traiter DM et commentaires. Le problème vient avec la croissance : dès que tu ajoutes YouTube, TikTok ou d'autres réseaux, un seul outil pour deux plateformes ne suffit plus. Jongler entre trois outils devient contre-productif.
Surtout, l'impossibilité d'assigner un commentaire à un membre de l'équipe pousse à créer des Google Docs et des messages WhatsApp à côté. Avec une équipe qui traite les DM, il faut pouvoir dire « ces cinq commentaires sont pour moi ». L'alternative, Agorapulse, gère jusqu'à dix profils et l'assignation, au prix d'un abonnement de l'ordre de 80 à 120 euros par mois, plus chaque place supplémentaire. Un coût qui n'a de sens qu'à partir d'un certain stade.
Slack : trop complexe pour l'usage réel
Adopté surtout parce que l'outil fait sérieux, utilisé par les startups et les freelances. Dans les faits, bien trop complexe pour un besoin simple de collaboration à quelques personnes. Ce n'était pas adapté au profil, sans que l'outil soit mauvais pour autant.
La leçon dépasse la liste : un outil n'est jamais bon ou mauvais dans l'absolu, il l'est par rapport à ton usage et à ton stade. Commencer par le plus simple et le plus gratuit, puis changer seulement quand la limite te bloque vraiment, évite d'empiler des abonnements dont tu n'exploites pas 10 pour cent.
Le piège Slack est révélateur d'un travers plus large : adopter un outil parce qu'il fait pro, parce que les startups et les gros l'utilisent, avant même de savoir si ton besoin le justifie. C'est exactement le raisonnement inverse de l'essentialisme. Le bon réflexe n'est pas « quel outil utilisent les meilleurs », mais « quel problème concret dois-je résoudre, et quel est le moyen le plus simple d'y arriver ». Souvent, la réponse tient dans un outil gratuit que tu possèdes déjà.
Depuis cette analyse, Meta a fermé Creator Studio. En 2026, la planification native passe par Meta Business Suite, et beaucoup de créateurs utilisent des gestionnaires multi-réseaux tiers. Vérifie donc toujours qu'un outil existe encore et qu'il couvre tes plateformes actuelles avant de t'y installer. Le raisonnement, lui, reste valable : commence simple et gratuit, change quand la limite te bloque vraiment.
Avant d'empiler des abonnements, relie chaque outil à un vrai gain de temps. C'est la même logique que pour batcher ton contenu Instagram, choisir tes outils pour créer une formation en ligne, ou bâtir un système qui te fait vraiment monétiser Instagram.
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