Pour écrire avec l'IA sans que ça sonne IA, nourris-la de ta propre matière (une idée dictée, tes exemples, tes anciens textes), interdis-lui les formules génériques et relis chaque phrase à voix haute.
Un texte sonne IA à cause de tics précis, pas à cause de l'outil. Voici ces tics, et la méthode qui m'a permis de publier sans repasser derrière à chaque fois.
Pourquoi un texte écrit par l'IA se reconnaît-il ?
Un lecteur averti repère des phrases trop équilibrées, des transitions trop parfaites et des formules génériques. Ce sont les signes d'un texte sans scène ni détail.
Le problème vient souvent de la consigne. Demander « transforme cette vidéo en post Instagram » donne un post lisse, qui ressemble à une version allégée de la vidéo. Tu ne précises pas que chaque format a ses codes, et l'IA lisse tout.
Un objet de newsletter doit provoquer une émotion directe. Un script de reel démarre par une rupture. Un carrousel crée une boucle de curiosité entre chaque slide. Sans cette information, l'IA répond au hasard.
Quels sont les six tics qui trahissent un texte généré ?
- Le ton inspirant ou LinkedIn : « Et si tout changeait ? ».
- Les phrases symétriques à trois temps, trop bien rythmées.
- Le narrateur à la troisième personne : « Il a évité ce piège. La plupart tombent dedans. » On dirait un livre.
- Les annonces : « voici pourquoi », « laisse-moi t'expliquer ».
- Les slogans enchaînés sans liaison, qui « font faux ».
- Les tirets cadratins, le gras partout et les emojis de la sortie brute.
Le troisième tic est celui que je repère le plus vite. J'ai rejeté une accroche écrite comme un narrateur, avec ce seul commentaire : « ça fait IA ». La correction tient en un mot : écris au « je » ou au « tu ».
La lettre de Tony Neves
Une lettre pour devenir libre
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Quel prompt donner pour obtenir un texte moins lisse ?
Un prompt court, bien cadré, suffit. Voici les consignes qui font la différence.
- Donne le format précis (légende, script, carrousel) et sa longueur.
- Colle un exemple de ton propre texte comme modèle de ton.
- Interdis le ton inspirant, commercial ou LinkedIn.
- Demande des phrases de longueurs variées et des exemples concrets plutôt que des notions abstraites.
- Demande un brouillon brut, puis un second passage d'édition.
Cette méthode en deux temps (un jet, puis une édition) donne de meilleurs résultats qu'une demande unique. Le premier jet cherche les idées, le second corrige le ton.
Peut-on automatiser l'écriture sans perdre la voix ?
Oui, si le système est construit sur ton vrai travail. J'utilise trois briques : un cadre qui donne le contexte à Claude, un skill construit sur mes meilleurs textes, et une mémoire qui se met à jour. Un mail de vente écrit dans ce cadre prend quelques minutes, et il est dans mon style.
Sans ce cadre, l'automatisation fabrique du contenu moyen en grande quantité. C'est la pire situation : beaucoup de texte, aucun lecteur.
Comment faire écrire l'IA comme toi ?
Trois ingrédients changent le résultat.
- Ta matière. Une idée dictée, une anecdote vécue, un chiffre exact. L'IA n'invente rien de ce qui compte.
- Tes textes. Donne-lui quelques-uns de tes meilleurs posts ou mails pour qu'elle imite ton style.
- Des règles de format. Précise les codes de chaque contenu : accroche, structure, longueur.
Un copywriter rencontré à Bali m'a raconté qu'il utilisait des assistants IA structurés pour ses clients. Selon lui, les emails produits ainsi surperformaient ceux qu'il écrivait à la main : environ 20 % d'ouvertures et 30 % de clics en plus. Je rapporte ses chiffres tels quels, sans avoir pu les vérifier. Le principe reste : l'IA fait mieux quand tu lui donnes les bons cadres.
Pourquoi dicter plutôt qu'écrire un prompt ?
On parle environ trois fois plus vite qu'on n'écrit. Quand je dicte mes idées au dictaphone de mon téléphone, je dis des choses plus profondes, parce que je parle comme à un associé.
Je colle ensuite la dictée dans Claude avec une seule consigne : mettre en forme avec mon skill. Une session de 20 minutes me donne deux ou trois emails pour les trois semaines suivantes, plus quelques contenus pour les réseaux.
Ce procédé donne un texte dans ma voix, avec mes mots. Il n'a pas été écrit à partir de rien. C'est la différence fondamentale avec le prompt générique.
Quelle relecture faire avant de publier ?
Une relecture de trente secondes suffit si tu sais quoi chercher.
- Lis à voix haute : une phrase qui sonne lue est à réécrire.
- Cherche les tics de la liste ci-dessus.
- Vérifie chaque chiffre et chaque anecdote : rien n'est inventé.
- Supprime toute phrase qui n'apporte ni information, ni tension, ni détail.
Les détecteurs de texte IA sont peu fiables : des articles ont montré qu'ils identifient comme humains beaucoup de textes générés. Viser à les tromper est une mauvaise stratégie. Vise un texte réellement personnel et relu. Rien ne garantit qu'un texte, même parfait, soit lu : le fond compte plus que l'étiquette.
Existe-t-il un outil pensé pour ça ?
C'est pourquoi j'ai conçu ikkiru. Il commence par analyser ta voix, puis écrit légendes, carrousels et scripts de reels Instagram avec tes mots. Tu retouches ce qui ne te ressemble pas, et le réglage reste pour la suite.
Si tu préfères d'abord comprendre le problème, lis pourquoi le contenu généré par l'IA est médiocre et ChatGPT ou Claude pour créer du contenu.
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